Chiffres clés
Présentation synthétique (par nature de dépenses) du Budget Primitif 2025
Au vu des emprunts contractualisés au 30 avril 2025, la dette propre de la Nouvelle-Calédonie, atteindrait 138 milliards F.CFP au 31 décembre 2025, soit une hausse significative de 74 % par rapport à 2023.

Cette augmentation s'explique principalement par la contractualisation en cours d’un grand emprunt garanti par l’Etat d’un montant maximal d’un milliard d’euros (soit 119,3 milliards F.CFP) auprès de l’AFD.
Il convient de préciser que les chiffres présentés tiennent compte uniquement du premier tirage lié à ce prêt, d’un montant de 66,8 milliards F.CFP, effectué en avril 2025. Cette première mobilisation de fonds a permis de rembourser des avances accordées par l'État en 2024 pour la gestion de la crise, mais également de financer les comptes sociaux, les pertes de recettes fiscales et le déficit du système électrique.
Aujourd'hui, l'AFD et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) sont les principaux partenaires financiers de la collectivité, détenant à eux seuls 97 % de la dette de la Nouvelle-Calédonie. Ce partenariat est essentiel pour faire face aux défis financiers de la collectivité.

La dette consolidée inclut non seulement la dette propre de la collectivité (ses emprunts directs), mais également les emprunts d'autres organismes (entreprises publiques ou structures sociales) auxquels la Nouvelle-Calédonie a apporté sa garantie. En cas de difficultés de ces entités, la Nouvelle-Calédonie peut ainsi être amenée à rembourser ces emprunts à hauteur de la quotité convenue (à hauteur de la quotité garantie).
- Une forte augmentation du niveau d’endettement consolidé :
À fin mai 2025, l’endettement consolidé de la collectivité atteint 394 % de ses recettes de fonctionnement, soit plus du double du seuil de prudence de 150 % recommandé par nos bailleurs de fonds. Cette hausse très prononcée (+212 points depuis 2023) met en évidence les risques liés aux engagements directs et indirects de la collectivité.

- Une lecture à nuancer :
Il est important de noter qu’en excluant les emprunts liés à la crise COVID et à la gestion de la crise de 2024 (qui sont des financements spécifiques et garantis par l'État), le taux d'endettement consolidé serait ramené à 81 %. Ce niveau se situe bien en dessous du seuil prudentiel.
Cette analyse montre l'impact significatif des crises récentes sur l'ensemble des engagements financiers de la Nouvelle-Calédonie, tout en soulignant la distinction entre les dettes "normales" de la Nouvelle-Calédonie et celles contractées dans des contextes exceptionnels avec le soutien de l'État.